Mercredi 19 octobre quittons l’agréable petite ville de Soure et son mouillage aux ibis en compagnie des pécheurs, et lançons un petit clin d’œil à Costa.



La descente du Rio Para par Jacques:

Plus compliqué que prévu. Une grande déception pour les calculateurs qui ont passé beaucoup de temps à prévoir les heures les plus favorables pour sortir des 35 Mn que nous réservait le gigantesque estuaire du fleuve Parra. Forts des horaires des marées de Belem et de Salinopolis situées en amont et au débouché du fleuve nous pensions nous présenter au moment propice à l’endroit où se trouvent les balises qui délimitent les chenaux à emprunter pour éviter les bans de sable qui jalonnent l’itinéraire.
Pas du tout exactes nos prévisions, ou plus justement c’était sans compter sur le vent de face qui annulait les effets du courant descendant de 3 Knt environ. Qu’à cela ne tienne. On tire des bords.

La plage de Barra Vehla est toujours en face de nous. Beaucoup d’efforts pour gagner une misère en cap. Et tout cela dans une mer qui chahute beaucoup et qui transporte tous les débris arrachés la veille aux rives du fleuve lors de l’orage magistral que nous avons eu à Belem, bien à l’abri des éléments heureusement!

Au bout de 5 h d’efforts le goût amer de la défaite nous gagne. Il est 23h.Cela fait 14h que nous avons quitté notre mouillage paisible à Soure. Et maintenant ce n’est plus du sur place mais de la navigation « à reculons » que nous pratiquons. Kourou n’est pas pour tout de suite.

La décision de jeter l’ancre est accueillie avec enthousiasme par l’équipage qui fatigue. Les fonds n’excèdent pas 10/12 M. Il est minuit. Babel roule sans arrêt. Le sommeil l’emporte pour quelques heures. Dès 4 h du matin un bruit de fort courant qui balaye la carène nous réveille. C’est l’estuaire qui se vide. Pas une minute à perdre.

Entre le rio et l'océan

Entre le rio et l’océan

On relève le mouillage on établit la grand voile et déjà la vitesse atteint 5,6 Knt sur le fond. Barra Vehla s’éloigne, à 10h on quitte l’estuaire pour rentrer dans la pleine mer. Plus de bancs de sables et de courants hostiles. La navigation reprend son rythme familier, la mer se tasse, on touche les alizés de l’est / sud est et la Guyane française nous attend.


Le vent stable gonfle la belle voile du Gennaker, nuit et jour, c’est très agréable.

Un grand poisson est venu saluer Camille au moment de sa douche, il est resté très longtemps sous le bateau, Jacques a essayé en vain de lui envoyer quelques flèches. Nous avons eu aussi la visite de 5 petites mouettes venues se reposer sur les panneaux solaires au grand dam de Jacques qui venait de les nettoyer!

Jacques écrit un mail à ses filles… et monte en haut du mât pour lubrifier la Driss du Gennaker.

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À partir de 22h la constellation d’ Orion et le lumineux Cirius prennent place dans ce grand ciel de l’Equateur. Cassiopée n’est plus un W mais un M, pas loin Pégase et Andromède, Persée, le Cocher et Capella, Aldebaran. Venus est étonnement lumineuse et brillante. J’ai une pensée pour Françoise et les ciels d’Ithaque.

 

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Au lever du jour, lundi 24 octobre Jacques jette l’ancre devant les trois îlots du « Salut ». La vision des cocotiers et le chant des oiseaux évoquent un petit paradis, ce fut pourtant là que s’est construit le fameux Bagne où furent enfermés Dreyfus et Papillon. Étrangeté du lieu, de  ville fantôme… les bâtiments des condamnés ont été laissés à l’abandon, voire détruits, mais le quartier des gardiens, et responsables a été rénové par le Centre d’Etudes Spatiales, ces maisons sont louées pour des vacances. Les espaces sont bien entretenus, d’immenses manguiers, voisinent avec des bougainvilliers de toutes couleurs, les cocotiers « importés » sont en bordure du rivage. Cette île est aussi peuplée de petits singes qui sautent de branches en branches, et de plus grands qui se pavanent avec une grande queue recourbée, les petits se nomment Saïniri et les grands des Capucins. Des agoutis  aux poils roux lustrés courent sur les chemins, transportant des mangues… une petite tortue nous attendait au ponton et toutes sortes d’oiseaux nous accompagnent.
Nous retrouvons au mouillage, Walter, le pasteur Suisse qui voyage seul depuis des années, et le couple allemand Thomas et Stephie rencontrés à Jacaré.

Les maisons des gardiens et le grand bassin qui servait de réserve d’eau.

Les très beaux manguiers sur l’esplanade de l’église.


Un grand bàtiment abandonné destiné aux cellules de bagnards et le phare qui est toujours utilisé.

img_0877.jpgPetit palmier aux dattes purement décoratives.

 

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