Nous sommes sur le grand fleuve du Maroni, deux murs de végétation s’élèvent le long des rives.

Nous traquons les bancs de sable et surveillons la profondeur qui n’est jamais supérieure à 6m. La marina est située sur le bord du fleuve à 10Mn de l’embouchure. Plusieurs épaves témoignent de la difficulté de naviguer dans ces fleuves limoneux et peu profonds. La plus grande est une superbe « installation de sea-art ». C’est le totem de la marina. 

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Babel sur le Maroni

Babel sur le Maroni avec son grand taud blanc

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Au marché du samedi, se croisent toutes les races, mais les paysans sont principalement des  Mong ayant fui le Laos il y a une cinquantaine d’années.

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Le fruit pitaya

Le fruit Pitaya

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Les herbes pour la soupe

Les herbes pour la soupe: Tayo

Fleurs tropicales

Fleurs tropicales, les roses de porcelaines

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Sorel, l’ibiscus du Carcadet     – Pomme d’amour et prunes violettes sanrosy

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Ces enfants représentent les 3 populations majoritaires de Guyane: les noirs marrons, les bouchinengués et les amérindiens

Devant le marché municipal, ces sculptures représentent les 3 populations majoritaires de Guyane: les créoles, les bouchinengués et les amérindiens.

Les bushinengés « hommes de la forêt « , également appelés Marrons, sont les descendant d’esclaves emmenés au Surinam pour travailler dans les plantations de canne à sucre. Dès le XVIIIeme, les conditions de vie étant trop dures, ils prennent la fuite et viennent en Guyane, pour être piroguiers des orpailleurs sur le fleuve Maroni, ou bien se réfugient dans la forêt amazonienne et se reconstituent une culture propre au contact des amérindiens. Aujourd’hui, 2% d’amérindiens, 12% de métropolitains ét un bon nombre de chinois, libanais, brésiliens, …

 

La plage sous le manguier

La plage sous le manguier

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La visite saugrenue d’un serpent liane d’un vert fluo sur les chaises de la marina , qui doit vivre dans le manguier proche…

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Que dire de ces petits oiseaux transportés dans leur cage,    celle-ci posée à côté de la statue du bagnard enchaîné est parlante.

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Ces petits oiseaux appelés « picolettes » capturés dans la forêt sont réputés pour leur chant mélodieux. Animaux de compagnie d’autant plus précieux lorsqu’ils sont vainqueurs du concours du meilleur siffleur.  Ce sont les mâles qui chantent, la femelle n’étant présente que pour l’encourager.

 

 

Le centre de déportation de Saint-Laurent

Le centre de déportation de Saint-Laurent

Mais St Laurent, c’est aussi l’existence du Bagne. Une histoire lourde à porter, dont nous découvrons la réalité sur place. En 1848, les colonies subissent une grave crise économique suite à la libération des esclaves…qui s’enfuient des exploitations. La Guyane manque alors de main d’œuvre. Le prince Louis Napoleon décrète en 1850 que les 60 000 prisonniers en France coûtent cher et qu’ils pourraient être envoyés pour des travaux forcés utiles aux colonies. Les prisonniers ayant apuré leur peine feront souche sur place pour aider au repeuplement et pour les autres un nouveau type d’établissement pénitenciaire est mis en place. Le camp de déportation de St Laurent du Maroni est une véritable ville que bâtissent les bagnards, avec hôpital, église, école, cuisine, une centaine de bâtiments, et à l’extérieur du mur d’enceinte, les maisons des gardiens, et du directeur qui sera aussi le maire de St Laurent… L’architecture tient compte des pluies et de la chaleur, en ajoutant les avancées de toit, les persiennes et les aérations sous les fenêtres. Les premiers contingents arrivent dans les années 1852/55, beaucoup meurent d’épidémies. A St Laurent, le camp de déportation accueille tous les bagnards qui sont ensuite affectés dans un bagne ou un autre ( une dizaine d’établissements sont créés en Guyane qui réservent des conditions de vie plus ou moins dures). Les prisonniers politiques, comme Dreyfus en 1894, sont envoyés sur les îles du Salut dans des cellules à ciel ouvert et totalement isolées. A St Laurent, les bagnards travaillent pendant la journée sous la surveillance de gardiens, et retournent au camp pour la nuit, soit en dortoir collectif, soit dans des cachots seul ou en groupe avec le pied attaché à une barre de fer selon le degré de la peine.
Pendant un siècle ce pays vivra au rythme des bagnes, jusqu’à ce qu’un décret ordonne leur suppression en 1938, mais le rapatriement des bagnards se prolonge jusqu’en 1953.

Les bâtiments abandonnés ont vite été envahis par la végétation. L’armée a nettoyé le site il y a dix ans et la mairie tente de redonner vie « culturellement  » à quelques uns des bâtiments.

Une des cours du Bagne

Une des cours du Bagne

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Le manguier qui produit fleurs et fruits toute l'année, deux arbres subsistent au centre de la cour du centre.

Le manguier qui produit fleurs et fruits toute l’année, deux arbres subsistent dans la grande cour du centre.

 

Aux belles lumières du soir et du matin, promenade dans les bras du rio, que l’on nomme criques. Nous sommes proches de l’embouchure et la forêt n’est que mangrove de palétuviers. L’absence de terre empêche les grands arbres de prendre racine. Les chants des oiseaux nous accompagnent au moment où le soleil touche le sommet des arbres.

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