Mardi 10 octobre:

Quittons Curaçao et ses grandes installations portuaires.

Premier jour de navigation, peu de vent et chaleur moite, aussi quand l’île d’Aruba se profile à tribord, nous décidons de passer la nuit dans une baie à l’entrée de l’île, repérée sur la carte.
Étrangeté de ce mouillage qui  se trouve en fait, au milieu d’une Immense usine  d’extraction de minerai sans doute, qui heureusement pour nous ne fonctionnait pas. Jeu de verticales, ce paysage industriel silencieux prenait un charme un peu surréaliste avec la présence de notre petit voilier.
Le soleil s’est couché à 18h30 et la nuit tombe rapidement à 19h.

Cette nuit, gros coup de vent, Jacques remet de la chaîne, il y a de l’orage ds l’air, la pression remonte…

 

Les Caraïbes aussi…

Mercredi 11 octobre:
Longeons ces usines impressionnantes, passons devant une plate-forme pétrolière avec des bateaux autour, véritable raffinerie sur coque, où rien ne bougeait, les bateaux attendaient. Étrange.

Le génois est tangonné à bâbord pour attraper le moindre souffle de vent, le bateau glisse doucement, mais rien ne nous presse.
Le déploiement de la voile a le son d’une respiration, plein de petits grincements plus ou moins aigus semblent des mots chuchotés ou des coassements d’oiseaux. Que raconte-t-elle cette belle voile blanche ?

Observant de longs moments les mouettes planant puis piquant droit pour attraper des poissons, nous avons posé notre canne pour pècher nous aussi un poisson, qui sait? La prise ne se fait point attendre, un joli poisson argenté qui saute, bondit très haut et se démène tant et si bien qu’il se décroche de l’hameçon. Jacques repose la ligne intacte.
Visite des dauphins toujours élégants et rieurs, surtout quand ils se tournent sur le côté pour montrer un œil…  dans les cordages au pied du mât, j’aperçois comme un petit lézard …
Puis c’est un oiseau minuscule qui vient se poser sur une écoute de génois. Comment fait-il si petit pour traverser les mers? Il tourne autour du bateau puis revient sur l’écoute, rentre dans l’habitacle et se pose un moment sur une marche de l’escalier.
Quand tout à coup la canne nous alerte, Jacques se précipite mais le poisson est si gros qu’il est impossible de le faire venir, il va tirer sur les 400m de fil et partir avec l’hameçon. Il doit être tout emberlificoté avec tout ce fil!!

Belle Voie lactée cette nuit mais des nuages d’orages comme toujours arrivent de l’ouest…Orion, Cirrus, Capella,

En effet, le spectacle muet des éclairs dans les cumulus m’a saisie. Dans tous les sens, les éclairs comme de gros projecteurs, illuminaient les différents couches de nuages sans aucun bruit. Mise en scène époustouflante !
Puis le vent est monté qui nous a poussés devant, et malgré une bonne vitesse la zone de perturbation nous a collés jusqu’au matin.

«  Oiseau, as tu été si saoulé par le vent
Que tu dormes dans la toile repliée du taud
Retrouveras tu demain ton tempérament
Pour reprendre, ailes déployées la route du ciel beau
Tôt ce matin, dans la toile repliée du taud
Petit oiseau est mort au chaud sans vent méchant »

 

Jeudi 12 octobre en mer:

Le tangon est monté sur l’amure tribord : beau et efficace.
Le ciel bleu fait son retour dans l’après-midi, quel plaisir!
On marche fort 7,8,9 noeuds avec un vent entre 24 et 30 noeuds.

le frigo nous lâche sans dire pourquoi…

Vendredi 13 octobre:

Belle traversée avec un fort vent constant sur le génois tangonné,

nous approchons des montagnes bordant la côte et abordons le port de Sant-Marta, vers 16h. Devant nous, un ensemble de tours blanches sur la plage  marque l’entrée de la ville moderne.

Très bien accueillis par les gars de la Marina, nous manœuvrons le bateau. Et là, quelle surprise de voir notre ami Chris nous aider à amarrer!  Nous avions connu Chris australien et sa femme Heleen il y a 3 ans, sur le port de l’Estaque. Jacques l’avait aidé dans les démarches pour acheter un ovni  qu’ils ont réparé et équipé entièrement eux mêmes avec le projet de  rentrer en bateau sur l’Australie. Sympathique rencontre!

Nous protégeons Babel de la chaleur …