Au nord est de Sta Marta la côte se découpe en 5 baies: les 5 doigts.

Les premières sont très visitées pour leurs belles plages.  Préservée du tourisme c’est donc sans hésitation vers la « Ensenada  Cinto » la plus à l’est du Parc national Tayrona, au pied de la Sierra Nevada, que nous partons. Belle navigation, 8/10 noeuds de vent arrière, le génois restera bien rempli jusqu’à destination.


Nous mouillons dans le fond de la baie bordée de végétation tropicale.
Encore beaucoup de débris végétaux charriés par les petits rios qui descendent de la montagne après les fortes pluies des jours précédents.

Végétation tropicale

Le lendemain  amarrage dans l’angle Est de la baie sur un corps mort existant depuis longtemps vue l’épaisseur de rouille qui le recouvre. Jacques a voulu tester l’utilisation de l’une des haussières de 100m enroulée sur le pont de Babel en vue de la Patagonie. La corde est solidement fixée à un des arbres qui borde le rivage.

Jacques est rejoint par un indigène qui soudainement surgit de la forêt. Il est gardien d’une maison complètement dissimulée dans la végétation qui nous entoure. Nous aurons l’occasion de la découvrir plus tard.

Le corps mort

 

Nous sommes amarés au tronc d’arbre

Quel beau mouillage!

Le soleil disparaît à 16h45 derrière la montagne, et de beaux nuages roses colorent les sommets.
Les montagnes sont claires. Nous sommes seuls dans la baie. C’est maintenant l’heure des moustiques  plus ou moins agressifs suivant les jours.
Nuit calme, pas de vent, pas de roulis, pas de bruit…. nous avons dormi comme des loirs.

Les journées sont rythmées par nos activités
Canoë au lever du soleil pour un long tour de la baie, qui nous permet d’apercevoir de près les pélicans et sur la partie ouest, des hauts fonds avec des patates de corail roses ou jaunes. Sur la rive Est, deux autres indiens surveillent eux aussi des habitations dont les propriétaires ne viennent que très occasionnellement.

Le canoë

Nettoyage de la coque, puis on remonte d’un niveau et c’est au tour du matériel en inox en place sur le pont, puis pêche dans les fonds, souvent troublés par les alluvions qui sont entraînés dans la baie…

Ensemble nous irons dans une partie peu profonde et plus éclairée, véritable aquarium, avec des poissons de toutes tailles, formes et couleurs… quel régal de voir les « Angels » aller et venir et changer de couleur selon l’exposition au soleil…. quelle abondance de vie!

Depuis le canoë

Jacques se renseigne sur les poissons, tous seraient  comestibles sauf les bleus…

Une petite langouste délicieuse et deux poissons que nous avons passés à la poêle

Nous rencontrons un couple de jeunes américains arrivés dans la Bahia Cinto  par un sentier depuis un village situé dans la bahia voisine. Ce sentier nous intrigue et décidons le lendemain d’aller voir la baie d’en haut… Ayant aperçu dans l’angle Ouest de la baie 2 jeunes sans doute venus du village en question, nous allons les voir. Ils venaient de  pêcher des langoustes qu’ils ont fait cuire au feu de bois dans une grosse gamelle. Leurs sacs à dos débordaient de langoustes qu’ils vont pouvoir vendre dans les restaurants qui bordent la plage de la baie voisine. Après avoir camouflé leur gamelle dans les herbes, ils quittent les  lieux et nous proposent de nous montrer le chemin.  Un très bel ibis se dresse sur une branche dans l’ombre d’un sous bois.

Nous traversons à nouveau  la plage, de très gros pois de senteur en fleur poussent au bord. Nous avons quitté nos chaussures pour  traverser l’embouchure d’un rio avec de l’eau jusqu’à la taille.
Les jeunes posent leur charges un moment. Ils nous indiquent la direction à suivre…le sentier se perd dans la végétation…Quel labyrinthe! Le chien du gardien surgit des buissons qui nous entourent, bientôt rejoint par son maître qui nous invite à le suivre pour nous mettre sur le bon chemin. Nous sommes toujours pieds nus chaussures à la main, marchant sur un sol boueux ou dans l’eau de petits rios, sur les branches de palmiers qui forment un épais tapis sur le sol spongieux. Nous marchons une bonne heure sans avoir l’impression de vraiment progresser vers notre objectif.

Avec nos chaussures à la main…

Jacques ne quitte pas d’une semelle, notre indien

L’eau des petits cours d’eau est jaune d’or…

Des bois, de l’eau, de la glaise…

Soudain des bruits de branches et des voix qui se rapprochent: voici nos deux jeunes pêcheurs qui nous rattrapent au moment où le sentier va attaquer la montée.

Retrouver le bon chemin en fin d’après midi va poser problème…plutôt que de risquer de bivouaquer au milieu de cette jungle humide nous décidons de revenir en arrière et de profiter de la présence de notre guide, déçu de voir que ses explications sur l’itinéraire à suivre ne seront pas observées.
Mais toujours de bonne humeur il nous conduit dans son « jardin », nous offre deux papayes, et nous rejoignons ensemble la fameuse maison dont il est le gardien. Magnifiquement située, elle domine la baie, de très beaux cactus sont plantés sur la terrasse ainsi que des bougainvilliers oranges. Notre ami sort sa machette et découpe 3 noix de cocos, dont nous buvons la merveilleuse eau fraîche qu’elles renferment.

La maison de vacances d’une famille de Bogota

Notre guide du jour

Échangeons un peu … puis descendons un bel escalier en pierre  pour rejoindre la plage.
L’eau du Rio de ce matin a monté et Jacques s’enfonce jusqu’aux épaules. Retrouvons le canoë que nous avions laissé dans les pois de senteur, et rentrons au bateau, avec une faim de loup, mais aussi avec  l’impression que nous pourrions passer n’importe où, être  trempé par la traversée d’un rio, ou dans la mer, c’est sans importance ….

Repos bien mérité et repartons en annexe visiter la baie d’à côté où on aura des chances de boire une bière bien fraîche, notre frigo ne marchant pas…
La plage Cristal au soleil couchant est belle, abritée et animée de plusieurs cahuttes qui font le plein à midi mais pour l’heure sont désertes, tenues par des indigènes selon l’expression consacrée ici.
Le temps de boire la bière, nous sommes dévorés des moustiques.

La plage Cristal

 

A l’Est, l’anse suivante, «  l’ensenada Guachaquita » est habitée par des indiens kogis qui ont construit quelques maisons en palmier comme dans la Sierra.

Le hameau Kogi au bord de l’eau

Au coucher du soleil, des petits perroquets s’amusent dans les feuilles des arbres du rivage, ils font un bruit incroyable et soudain s’envolent par petits groupes ouvrant leurs ailes vertes et oranges.
Un autre oiseau nous amuse, il chante puissamment en jouant avec son bec et sa gorge, il a une tessiture très large, il est tout noir avec des pattes jaunes.

Les soirées sont souvent orageuses, malgré un ciel dégagé et une petite lune toute pure environnée d’étoiles. Les éclairs illuminent le ciel et les grondements de tonnerre sont violents. L’orage desend de la montagne, le ciel change très vite, la pluie peut tomber brusquement avec violence et en abondance.
Nous aimons contempler le ciel s’obscurcir peu à peu, et guettons les premiers bruits de la forêt comme les grillons de chez nous, mais aussi des sifflements, des grognements,  des souffles et le rythme infini des vagues sur la plage.

La tranquillité de ce lieu nous a offerts de beaux moments de contemplation. Après une semaine, il faut songer au retour à Santa Marta.

L’abri sur la plage

Trop chaud pour manier la machette…

 

Juste avant la pluie

Les arbres du rivage portent des fruits mais ne sont pas comestibles

 

Une visite… la barque face à l’entrée de la belle baie