Puerto Williams en hiver

Le jour pâlit, il est 17h30 vendredi 19 juillet.
Le ponton de Micalvi respire le calme et la tranquillité. La lumière douce de l’hiver caresse les sommets enneigés, l’eau offre son miroir à tout ce qui environne, le silence ! à peine entrecoupé par l’atterrissage d’un avion sur la piste toute proche, ou le cri d’un cormoran.
Peu de bateaux sont habités: une famille de russes, dont le capitaine Andreï n’a peur de rien, Jaime le chilote est venu quelque semaines pour réparer son bateau, le jeune couple Anglo-brésilien poursuit la remise en état de leur bateau, enfin, notre ami René se chauffe dans son bateau ATA – ATA et travaille à un nouveau blog qu’il traduit en 4 langues compte tenu des amitiés qu’il a su tisser de par le monde…
Nous avons pu admirer le canal Beagle et toutes les montagnes blanches autour,  depuis l’avionnette qui nous a conduit de Punta Arenas à Puerto Williams. Que de beauté ! Je photographiais derrière l’épaule du pilote, Jacques reconnaissait le Cap Horn, et d’autres lieux qui nous étaient devenus familiers.
Francisco toujours sympathique et souriant est venu nous chercher à l’aéroport, et nous a accompagnés jusqu’à Babel dont il a eu la garde ces derniers 6 mois.
La priorité: poser le câble électrique pour mettre en route un petit chauffage, puis vider les sacs un à un.
Nous retrouvons avec joie notre ami René chez qui nous allons passer la soirée. Les spaghetti aux anchois, façon ligure nous ont régalés. Quel plaisir de se retrouver et d’échanger les nouvelles, sa vie à Ushuaia,  la nôtre avec la famille et l’entreprise dont René avait pris davantage connaissance en consultant les sites internet!!
Nous dormons comme des marmottes.
La petite ville de Puerto William semble assoupie, peu de monde dans les rues qui sont, il est vrai, extrêmement verglacées! Au ciné-club du musée hier soir nous n’étions que 8! pour visionner un documentaire exceptionnel du National Géographic  sur le Cap Horn et en particulier la faune sous-marine de la région.

Ce petit avion a du rester sur la piste, en panne, nous monterons dans un plus petit modèle  encore.

Dans l’ avionnette de Punta Arenas à PW, la piste d’atterrissage devant nous.

Le matin au lever du soleil.

Avec René

Andreï, russe raconte son périple incroyable depuis 6 ans avec sa famille

Les rouages du vieux Micalvi

Les jouets dans la neige

 

Le ponton Micalvi se mire dans une eau bien calme

Le Micalvi dans toute sa longueur

Le 26 juillet,

Une pensée pleine d’amour pour mon père  né un 25 juillet, et mon frère le 26, le jour de la Ste Anne. 

Une nuit de neige pour changer le paysage en noir et blanc puis réapparaissent le soleil et le froid, les ponts des bateaux sont gelés et les rues bien glissantes.

Le petit peuple animal se promène en pleine liberté dans les rues, les chevaux sont aux portes de l’épicerie,  les vaches et leurs petits veaux grattent la neige pour trouver de l’herbe dans les jardins particuliers, les chiens mènent leur vie, personne ne se soucient d’eux, une certaine harmonie s’en dégage sans aucune agressivité.   Des oies se promènent en couples. Les oiseaux ne sont pas farouches en particulier les  buses qui viennent se poser sur les bateaux avec un œil  brillant et le bec un peu crochu.

La vie du ponton a été animée ces jours par le départ de la famille russe. Tout le monde sur le ponton pour les aider à enlever leurs amarres… les adieux furent émouvant. Ils hissent la grand-voile dans la baie… puis font demi-tour et reviennent ….  l’armada chilienne qui surveille tous les mouvements de bateaux, exige une inspection du leur!. Du coup, tout le monde leur  prête ici un extincteur non périmé, des fusées en bon état … à l’heure dite, 3 militaires arrivent souriant. Ils ne regarderont que le moteur….  

Nouveau départ le lendemain matin. Andréï le capitaine russe a l’intention d’aller à Punta Arenas, puis de partir sur l’Afrique du sud, au Cap… il n’a peur de rien.

La vie suit son cours entre les derniers aménagements de Babel, le ravito et les bonnes soirées avec René et Denis. 

La caissière d’une des épiceries nous propose « en douce » des boites de Centollas (araignée de mer) qu’elle cuisine elle même. C’est l’époque de cette pêche où les centollas sont capturées dans des nasses, et transportées jusqu’au port de Punta Arenas puis expédiées au Japon.

 

Premier verre trinqué avec Denis et René dans le salon du Micalvi.

Les animaux en pleine liberté dans les rues

Les couples d’oies

La buse locale

Des affiches montrent d’une manière drôle et intelligente la lutte des habitants de Puerto Williams contre l’installation d’une usine à saumons.