Samedi 4h du matin,
Les nuages aperçus deux heures avant se sont bel et bien gonflés de vent, et de pluie. Jacques déroule le génois, et jusqu’au lever du jour, le vent monte entraînant avec lui les forces de l’océan.

Très vite des bruits retentissent dans tous les coins de notre habitacle.

Rosalie, l’éolienne s’emballe, en sifflant. Elle danse, tourne, et chante, séduit-elle le vent? Elle prévient la rafale qui courre le ciel, d’un coup, le vent éclate dans la voile. Les vagues prennent leur élan pour se fracasser contre la coque qui cogne.  On croirait des centaines de tuyaux, larges ou étroits qui se vident et se remplissent, les pompes aspirent de l’air en se gargarisant, sous la coque, ça ronfle, ça tambourine, l’écoute du génois grince… face à ces bruits aux tonalités graves et puissantes, le vent sait jouer avec légèreté dans les tubes du portique, à la manière d’une flûte ou du chant des baleines.

Nous nous sentons bien en sécurité dans le ventre de Babel.

Nous faisons chauffer de l’eau pour le thé et les soupes et remplissons nos bols de riz agrémenté. Giséle est la seule à pouvoir lire dans ce bataclan ! Mais comment fait-elle?


« Bois, vents, cuivres et percus 

Rivalisent,

En cacophonie ».


2 nuits et une journée et puis le soleil est revenu. Tout change, la lumière est une vraie nourriture spirituelle. Nous sommes le 1er novembre, le jour de la Toussaint, je pense aux  uns et aux autres  en vacances, à tous ceux qui méditent en ce jour sur notre mère la Terre Sacrée.