Carte du périple Puerto Williams-Puerto Natales

Lundi 19 août, Magellan, les condors,  de Tilly à la caleta Uriarte 

Un froid qui pique, un ciel pur, le baromètre toujours haut à 2022. Ces cordillères n’en finissent pas de nous émerveiller, tantôt hérissées d’aiguilles, tantôt couvertes de glaciers plats, du cinéma! Roses le matin, vert-pâle le soir.

Les dauphins nous accompagnent, les albatros planent à grande vitesse sur Magellan, nous avons hissé la Grand voile et envoyé le génois, moment inoubliable. 

Quand nous rentrons dans la caleta Uriarte, deux condors nous accueillent. Fantastiques oiseaux qui se posent sur au bord de la falaise et reprennent leur vol en haute altitude. Ce sont les plus grands oiseaux terriens avec une envergure de 3 m environ, leurs ailes sont recourbées aux extrémités et nous apercevons leur tête déplumée malgré la distance.

Nuit à Uriarte.

 

Mardi 20 août. Canal Smith… un miroir pour les belles enneigées

Des étoiles. Une pensée pour Vincent et Anne qui m’ont procuré la carte des étoiles de l’hémisphère sud.

Ce matin avant le lever du jour, dans la voûte céleste à l’ouest, la Croix du sud et son beau losange pointé vers le sud, et près d’elle à l’est, les deux étoiles brillantes de Rigil. A l’autre extrémité Orion et Sirius. Les constellations au centre de l’hémisphère sud portent des noms de navigation : Voiles, Machine, Boussole, Poupe, Carène. Mais elles sont difficiles à démêler dans ce ciel que nous ne connaissons pas.

Laissons derrière nous la grande île de la Désolation, et traversons une dernière fois ce majestueux Magellan, large de plus de 20km à cet endroit. Ressentir la respiration ample de l’océan, dans la houle levée par 18 noeuds de vent arrière.

Le canal Smith comme dans un rêve déroule pour nous ses scintillements, son eau-miroir, ses îlots formant un cadre parfait à une Cordillère et en particulier le Mt Burney. Nous sommes comme hypnotisés par tant de lumière.

Nous servons pour la première fois le « déjeuner en terrasse » ce midi et passons près d’une épave de gros bateau qui nous rappelle que la visibilité n’est pas toujours bonne. A la descente nous étions dans le brouillard et sous la pluie, quand cette épave nous a paru, augmentant fort la tension et l’attention du barreur.

 

Denis et Jacques profitent du calme et du soleil pour ouvrir tous les tableaux électriques et comprendre les raisons de la panne électronique de ce matin, quand les instruments de navigation ne fonctionnaient plus. Rien n’y a fait, nous avons barré tout le jour car le pilote automatique ne fonctionnait plus. Les connections se remettrons en place demain matin comme par enchantement… il suffisait sans doute que les fils prennent un peu le bon air!

Peu avant la Caleta Mallet une belle rafale de 35 noeuds nous a surpris avec la trinquette.

19h30 sonne l’ancrage et le repos. Denis avait préparé la veille une potée qui fut d’un réconfort délicieux.

 

Mercredi 21 août :  gros temps, gros vent

Le temps se voile et le vent monte, chute du baro. La Grand voile avec 3 ris et le génois sont préparés à la sortie de la caleta. Rafales de 20 nœuds. Un café chaud est de rigueur vers 9h30 tous les jours. Puis casse-croûte à 11h30, de 2 œufs au plat ou d’une crêpe fourrée au jambon et fromage fondu. Une soupe chaude vers 14h.

On remonte encore le canal Smith qui opère un grand zig-zag, puis le canal Union. La chaîne de montagne est fascinante, mais le vent souffle à 30 nds face à nous. Denis et Jacques se relayent à la  barre et pour tirer des bords à pré serré pour remonter au vent, dur-dur je suis assise sur la porte et suis la situation. La mer se creuse, il fait froid, et je fatigue, je me réfugie dans mon duvet avec ma bouillotte, me plonge dans le livre « Réparer les Vivants » et je pars très loin…ça fait du bien. Aujourd’hui je me dis que c’est une affaire d’hommes cette Navigation!!! 

Fort vent 25-35 nœuds
Grosses vagues pour remonter le vent

Un insaisissable albatros

Pas de Caleta abritée du vent d’est, il faut poursuivre jusqu’à 19h35… et mouiller dans la caleta Desaparecido.