JOURNÉE DE GLOIRE POUR      CHILOÉ  

Pour atteindre la Grande Île de Chiloé, nous devons traverser de nouveau un golfe ouvert sur le Pacifique, le golfe de CORCOVADO.

  mardi 10, C’EST PARTI…

Entre deux collines de l’île Mulchey, le soleil se lève, toute la faune s’éveille. Les dauphins, les oiseaux et même un petit pingouin sorti du bois où jacasse toute sa famille. Jacque et Denis vident des bidons de gazole dans le réservoir avant la traversée.

Nous avons une chance incroyable, nous sommes dans la queue de l’anticyclone qui nous offre un temps fabuleux et du vent du Sud Est pour nous pousser…

Un des derniers îlots des Chonos est habité par une colonie de lions de mer.  L’odeur, l’agitation tranquille de ces otaries, le râle des mâles et les plus jeunes qui pataugent dans l’eau, magnifique! si ce n’est le tangage du bateau sous les pieds qui n’aide pas le photographe…  des pélicans prennent leur envol.

A l’est, nous retrouvons les glaciers des volcans de la Cordillère continentale, ils se succèderont jusqu’en Colombie.

 

CHILOÉ

En touchant les côtes de Chiloé,  une verte campagne nous accueille  des champs soignés entourés de barrières en bois, les moutons, les maisons dispercées, la cheminée qui fume, on se croit dans une enluminure des Heures du duc de Berry… si ce n’est le bleu de la mer.

Les pélicans

Le coucher de soleil s’allonge du doré jusqu’au mauve.

 

  mercredi 11septembre,

Quellõn

Nous retrouvons  Quellõn, le port de pêche d’où nous étions partis pour la Patagonie.

Abrité au fond d’un estuaire derrière un immense banc de sable situé entre 4 et 20m de profondeur, le paradis des coquillages… les bateaux de pêche sont donc spécialisés dans la plongée pour ramasser les coquillages. Leur technique reste très artisanale, voire dangereuse, car ils ne possèdent évidemment pas de bouteilles. Chaque bateau est équipé d’un narguilé, c’est à dire d’un  compresseur relié à un tuyau souple jaune qui permet d’apporter de l’air au plongeur qui, en bas ramasse des paniers de coquillages.  Impressionnant!

Le soir chaque bateau déverse sur le port sa cargaison de coques. Ils  remplissent des sacs à la pelle, les pèsent et les vendent aux grossistes.

Le plongeur a un statut à part sur le bateau, à côté du propriétaire et du mécanicien.

Un pélican quasi apprivoisé nous dévoile son œil coquin.

Dans la petite ville, nous nous dirigeons vers le marché, comme toujours. Deux  femmes  vendent du poisson, l’une présente du congrio, nous n’hésitons pas à en acheter les filets qu’elle prépare devant nous. C’est bon de voir aussi des petits légumes verts… puis nous allons chez Melinda, café-restaurant sympathique pour avoir la wifi, téléphoner à la famille, poster un chapitre sur le blog et déguster une soupe de coquillages. Jacques rachète une bonbonne de gaz et nous reprenons le zodiac pour rentrer, admirant aux passages les barques en bois et le pélican de service.

  Jeudi 12

Faux départ, au bout de l’estuaire, 25 nds de vent en face et surtout une mer très forte avec des creux de 2m. Retour au bercail,  au même mouillage.

  vendredi 13

La mer est plate et le vent nul.

Nous remontons l’estero Paillade, tranquille, les rives sont habitées par des canards, des oies, et toute sorte d’oiseaux. Nous mouillons devant une belle église en bois mais pas de village, juste un bâtiment communal qui réunit les activités de cet habitat dispersé dans les campagnes. Nous allons marcher, ça fait du bien. Denis déniche avec son appareil de photo des portraits d’oiseaux formidables!  

  samedi 14

CASTRO

Nous nous dirigeons un peu plus au nord dans l’estuaire au fond duquel se situe la capitale de l’île, Castro.

Nous nous arrêtons dans la marina de Quinched et profitons des installations de douche et machine à laver et à sécher. Il pleut énormément…

– Dimanche 15

Le bus de Chinchao nous arrête devant la cathédrale de Castro. Superbe architecture de bois, recouverte à l’extérieur de tôles ondulées peintes en jaune, voûte en carène de bateau, pilier de bois à l’image des églises de pierre d’Occident. Les jésuites chargés de l’évangélisation de ces contrées étaient venus d’Espagne avec des charpentiers marine, pour construire les églises, car il n’y a pas de pierre à Chiloé, mais uniquement du bois comme élément de construction. Ils connaissaient de savants assemblages qu’ils ont du transmettre aux locaux. Nous étions dimanche et l’office avait réuni une pleine cathédrale, nous n’avons pas pu la visiter plus en détail.

La ville s’étage sur les pentes de plusieurs collines qui descendent jusqu’à l’estuaire. Dans les hauteurs, le marché municipal, nous attire particulièrement.

Les fruits et les légumes, et surtout les coquillages et les poissons. Les moules sont énormes, on les appelle cholgas. Il y a aussi de belles praires blanches et des algues noires séchées, fumées que nous avons appréciées. Des filets de congrio, de merluza austral, poissons dont on ne trouve pas l’équivalent chez nous. Boutiques d’épices, et d’artisanat de la laine et du roseau.

Deux quartiers ont conservé leurs maisons sur pilotis. Les palafitos,  autrefois les quartiers pauvres, aujourd’hui deviennent un peu tendance car Chiloé est à la mode et les chiliens de Santiago s’installent.

La cathédrale.

Les rosiers bourgeonnent, les cerisiers sont en fleur… quel bien!

Nous dégustons des soupes de coquillages dans ce petit restaurant installé dans une petite maison sur pilotis.

Retour à la marina Quimched en face de ce petit îlot aux maisons bleues.