Deux jours de gloire et deux belles nuits étoilées pour débarquer à La Palma au lever du soleil. Le bateau glisse sur un océan calme, la visibilité est inouïe.

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Nous longeons la côte nord de Tenerife très inhospitalière, bordée de falaises chaotiques noires recouvertes d’un faible gazon vert. Un phare blanc est accroché à mi- hauteur et quelques maisons chaulées sur de petites terrasses. Le soleil s’est caché et l’ambiance est quasi lugubre… Puis le relief s’apaise, des bananeraies sous des filets brillent sur des kms.

Nous oublions  Tenerife  pour nous rapprocher doucement de Palma. Ce jour,  drôle de pêche aux oiseaux!! Par deux fois Jacques a du détacher une mouette qui s’était prise dans l’hameçon! La première a pu repartir en volant, la seconde s’est cassée une aile et n’aura pas vécu longtemps, sans doute.

Du temps pour contempler et se mettre à l’unisson avec l’océan et la lumière du ciel.

 
L’île devant nous devient rose et la ville de Sta Cruz s’annonce comme une tâche de lumière blanche au bord de l’eau. Puis nous devinons les bouées rouges que nous laissons à babord, l’entrée du port est cachée par un de ces immenses paquebots de croisières qui choque par son gigantisme. Nous nous amarrons sur un quai de la nouvelle marina installée au bout du port, tout près de la ville. Plusieurs Ovnis se sont posés près de nous et d’autres très beaux voiliers allemands qui ont dû tourner sur les mers du monde.

Après une matinée  lumineuse, les nuages s’accrochent sur les hauteurs et la lumière perd tout son éclat. Derriére un front de mer quelconque se cache la vieille ville qui a gardé son caractère. Les portugais, puis les génois ont fait grand commerce à partir du XVIIeme avec l’Europe, l’Amerique latine et les Antilles. L’île est humide, on y trouve beaucoup de forêts et une eau excellente, Christophe Colomb aurait fait ses réserves d’eau à la source de la Palma. Le travail du bois se fait sentir dans  l’architecture traditionnelle. Harmonieuse combinaison de basalte noir, de murs chaulés et de balcons et piliers de bois.

 

Dans ces petites rues piétonnes déambulent les touristes des paquebots… Mais Jacques nous a toujours trouvés des réstos bien dans leur jus, loin des foules en questionnant la boulangère, la police, ou la vendeuse d’oranges du marché!!  Soupe de lentilles, fromage local frit, pour nous, calamars à la plancha pour Pierrot et Gisèle. Empanadas fritas  chez le vénézuélien où se retrouvaient les gens du quartier….puis jamon chez le Cubain. Il nous arrive de croiser un groupe de gens au bistrot qui chantent accompagnés d’un guitariste et nous sommes sous le charme. Avec Jacques, poussons la porte du couvent St François transformé en musée… Les planchers, les piliers de l’ ancien cloître, les balcons sentent l’encaustique et nous osons à peine marcher, sommes absolument seuls. Collections de poissons, tortues, une vertèbre de cachalot énorme… Puis peintures locales et une collection de gravures exécutées par une femme de l’île formée à Madrid, puis à Paris, pendant la guerre d’ Espagne qui nous a touchés par sa force émotionnelle. L’église St François était encore ouverte et le prêtre s’est empressé de tou éclairer. Émotion devant cet équilibre entre la nudité de ces murs blancs et les retables d’un baroque très intimiste. Belle surprise!

Le marché municipal est une construction 1920 pleine de charme, avec un puits de lumière au centre. Belle disposition colorée des fruits, légumes, fleurs, graines, épices, fromages… On boit un verre de jus de canne excellent et faisons nos provisions de frais

Fromage frit et sauce verte à la coriandre fraîche ail et huile d'olive

Fromage frit et sauce verte à la coriandre fraîche ail et huile d’olive

Achats variés pour les hameçons, une théière en inox, des provisions pour le Cap Vert.

Demain partons très tôt en voiture pour atteindre le sommet du volcan, et se promener sur le bord du cratère. Nous aurions voulu visiter le grand observatoire astronomique qui est au sommet mais le groupe était complet. J’ai une pensée pour Fred et son père astrophysicien.