image

Hierro est la dernière île des Canaries au sud ouest.
Nous notons plusieurs significations du mot Hierro:
En langue guanche, il signifierait « lait », hors le lait de chèvre est une des gloires de l’île. On en fait des biscuits à l’anis et du fromage.
Plus tard on a rapproché Hierro de « zéro ».
En effet si Ptolemée situait à Hierro, l’extrémité du monde connu, au second avant JC, cette île aurait été ensuite décrétée comme repère du méridien zéro par une assemblée de mathématiciens présidée par Richelieu en 1634. En effet il n’y a pas ici de différence entre le nord géographique et le nord magnétique. Ce n’est qu’en 1884 qu’elle fut remplacée par Greenwich.
(Nous avons passé Greewich aux alentours de Gibraltar).

Après une navigation de 12h, nous nous sommes amarrés au petit port de Restinga, à la pointe sud de Hierro. Port de pêche qui a pris de l’essor grâce à la route et aux 9 clubs de plongée.
Nous avons longé la côte nord puis ouest de l’île par un fort vent du nord creusant le génois. Les vagues arrivant par derrière accentuaient la vitesse. Entrée très rapide dans ce petit port bien à l’abri d’une énorme digue. Il faut faire vite pour se glisser entre deux et bien s’attacher à cause du vent.
Nous sommes frappés par ces cônes noirs recouverts d’un petit gazon et de quelques buissons sur lesquels se détache le village blanc bâti sur des pillows-lavas bien noirs.
A 17h la lumière dorée m’invite à la photo.

Le port de pêche de Restinga

Le port de pêche de Restinga

 

Les restes d'une irruption plus recente

Les restes d’une irruption plus recente au dessus du port

Nous avons pris le bus pour sortir du port et monter à Valverde « capitale  » de l’île qui compte environ 10 000 habitants. Le chauffeur du bus précisait que bon nombre de sud-américains n’ayant plus de travail étaient répartis dans leur pays et beaucoup de jeunes de l’île travaillaient dans les îles de Tenerife ou Grand Canaria où le tourisme est très développé.
Paysage de collines noires, où se distinguent bien les traces de laves en cordes ou en blocs, une végétation recouvre peu à peu les pentes, en particulier les petits buissons de dragonniers. Valverde est sur un plateau plus abrité des vents. Chevaux, vaches, brebis paissent dans les champs dont les pierres ont été enlevées et récupérées pour construire des murs-clôtures. Les anciens chemins sont également bordés de murs noirs.

La ville est en pente avec en son centre le bâtiment de l’Ayutamiento et l’église du 18ème. Nous  sommes frappés dans l’église par l’odeur d’encaustique, la propreté et les petits retables d’un baroque très sage, le silence et la paix y règnent.
Reprenons un bus pour passer de l’autre côté du plateau et voir la grande cassure du volcan au nord. A Frontera, nous sommes au pied d’un cirque monumental et impressionnant. A l’abri, des cultures tropicales se sont développées: manguiers, papayers, bananiers, grenadiers. Admirant un papayer avec des fleurs devant une maison, une dame sort nous dire bonjour avec un grand sourire et nous propose des mangues et des grenades qu’elle ramasse à sa « finca ».

Fronteras au centre du cratère

Frontera au centre du cratère

Jeunes manguier et papayer, Frontera

Jeunes manguier et papayer, Frontera

Retour au bateau et dînons délicieusement dans un Restau du port. Nous y croisons des anglais, allemands, français participant aux stages des clubs de plongée qui font vivre du monde au village.

Lave cordée

Lave cordée