« La lune est là
Pont de Babel luit
Étoile s’en va »
Tout bouge, rien ne se répète, chaque vague est unique, nous sommes dans le monde de l’aléatoire, de l’impermanence, de l’imprévisible.
Nous prenons conscience en regardant l’océan et les étoiles, que tout est interconnecté, qu’une danse se joue dans l’univers, que rien n’est figé. Dans le même temps, cette beauté qui nous touche n’est pas le fruit du hasard nous rappelle le scientifique bouddhiste Trinh Xuan Thuan:  » Nous sommes tous faits d’atomes fabriqués lors de l’explosion primordiale d’abord et lors de l’alchimie nucléaire des étoiles ensuite. Nous partageons tous une même généalogie cosmique qui remonte à la naissance de l’univers, il y a 13,7 milliards d’années.
98% de la matière de l’univers est constitué d’atomes d’hydrogène et d’hélium, les 2% qui restent sont des éléments lourds essentiels à la complexité et à l’émergence de la vie, fabriqués dans les creusets stellaires et les morts explosives d’étoiles massives. Nous descendons tous d’une seule cellule primitive datant d’environ 3,8 milliards d’années « .

Il raconte ces fameuses expériences faites grâce aux ordinateurs, où les physiciens tentent de simuler la construction de l’univers et d’observer ce qui se passerait si l’on changeait une très infime partie d’une donnée physique. Chaque fois, l’univers s’auto-détruit et la vie ne peut exister.
« Tout se joue en fonction d’un équilibre extrêmement délicat, d’une précision comparable à celle dont devrait faire preuve un archer pour planter sa flèche dans une cible carrée d’un cm de côté placé aux confins de l’univers!  »

« Étoiles sous la coque
Babel vogue
Sous la Voie Lactée »

En regardant la beauté du plancton qui la nuit, déverse ses petites étoiles sur l’étrave du bateau, Gisèle raconte que l’oxygène se forme plus tard vers 2 milliards d’années après le début de l’univers, à partir de la décomposition de l’eau par des bactéries ou du plancton végétal qui contient de la chlorophylle. Grace à la chlorophylle, le plancton fabrique des matières organiques en absorbant du CO2 et l’hydrogène de l’eau en présence d’énergie solaire, puis libère de l’oxygène .
On pensait jusque dans les années 1976-77 que la lumière solaire était indispensable à la vie, or avec des instruments pouvant sonder les grandes profondeurs de l’océan, on a observé des êtres vivant dans le noir total à 2500m sous le niveau de la mer. Dans ces abysses, des bactéries sont capables de casser les molécules d’hydrogène sulfureux des volcans, en récupérer l’hydrogène pour fabriquer de la matière organique. On les trouve au niveau de la dorsale entre Amérique et Afrique. On les appelle les  » fumeurs noirs » .
Les Canaries continuent à être repoussées vers l’Afrique par les mouvements de la même Dorsale Atlantique.

Le dialogue avec les étoiles continue… Gisèle au milieu de la nuit aime contempler la galaxie d’Andromède, et le grand carré de Pégase, plus tard j’ai repéré les étoiles du Lion avec Regulus qui en ce moment couronne la belle verticale Venus, Mars et Jupiter. Orion demeure la superbe, avec la géante rouge Beltegeuse, le lièvre juste dessous et pas loin Sirius qui est la plus brillante du ciel.

« Lune en berceau
Ciel diaphane
Vénus suspendue »