Mercredi, jeudi, vendredi 28,29,30 octobre

   

  

  

 
Nouvelles sensations que de voguer sur l’Atlantique!L’océan sur 360, l’infini sous nos yeux à la surface de l’eau et tant d’inconnu sous la coque, 

Se sentir tout petit sur un bout d’univers,

L’horizontalité est forte, écrasante, ou séduisante selon la lumière. 

Pendant la nuit, la lune et les étoiles nous tirent vers le haut.
Les cargos croisés la nuit apparaissent en deux dimensions totalement plats, comme un jeu d’enfant, des cartons que l’on pousse sur une mer fictive, malgré leur 100 ou 200m. de long!   La houle et le roulis nous rappellent vite que la mer est bien présente, et active.

A 2h du matin sous l’œil de Cyrius dont seule la clarté bleue résiste à la pleine lune, je ressens ce mouvement incessant, infatigable de l’eau en masses instables, je le ressens comme faisant partie intégrante de cette vie à bord, incommode parfois, irrégulier dans son rythme qui lui est propre, notre corps n’a d’autre choix que d’ épouser ce va et vient. Les grandes ondulations de la houle que nous avions au départ ont disparu. C’était beau et impressionnant de voir venir ces murs d’eau sur lesquels nous glissions qui réapparaissaient tranquillement 15s plus tard. 

Seule ombre au tableau, le vent du nord est si faible qu’il nous oblige à marcher au moteur, et l’odeur de gasoil qu’il nous renvoie est désagréable.
Samedi 31 octobre 

2h, l’océan est presque plat! Les bruits de l’eau sont doux, l’allure souple. La lune bien que diminuée n’en est pas moins brillante, son reflet argenté illumine les flots. Tout d’un coup un voile de nuages envahit la moitié du ciel. Est-ce l’annonce du vent nord-ouest que nous attendons? Le moteur est au rendez-vous depuis le départ de Gibraltar.

Nous sommes presque à la hauteur d’Essaouira, mais les Canaries sont à la latitude de Dakar, il nous faut donc descendre encore …

Je pense très fort à Maman et aux mélèzes roux de nos montagnes… le rituel manque cette année, de monter à La Salle, se poser au cimetière, y porter 3 bruyères et penser au bonheur partagé avec Marcel pendant toutes ces années passées. 

Les quarts de nuit s’organisent toujours sur le même rythme. Giséle et Pierrot prennent le premier entre 21h et 24 h, Sophie le second entre minuit et 3h, Jacques le suivant entre 3h et 6h et de nouveau Pierre est sur le pont pour le levé du soleil à 7h30. Ce sont toujours des moments privilégiés pour se retrouver seul et tranquille.

« Quarts sous les étoiles

Parenthèses

Pensées vagabondes »
L’aube se fait attendre, le soleil se lève à 7h30… Le spectacle inspire Pierrot et Giséle qui nous offrent leurs Haïkus du matin.

« Étoiles pâlissantes

Accrochées

Nuages roses, prélude… »
« Touches rosées au loin

Ciel changeant

Horizon en fête … »
« Attente solaire 

Perle de feu

Suspendue dans l’azur »

A 8h30 tout le monde est debout et chacun concocte son petit déjeuner, Pierrot prend une soupe minute avant d’aller faire un petit roupillon, Giséle prépare son café et Sophie le bol de fruits frais et secs accompagnant le muesli. 
La journée d’hier, vendredi fut si calme que nous avons cuisiné activement avec Giséle. La recette Seb pour le cake tomates séchées et fêta, nous a inspirées puis de la pâte pour cuire des chapatis à la poêle et enfin une sauce tomate aillée agrémentée du poisson cuit en papillote la veille pour accompagner une pasta. Nos pensées vont vers Claude chaque fois que nous sortons un paquet « de secco « !

Nous avons ensuite étalé sur la table toute notre documentation sur les Canaries pour affiner cette étape et décidons de ne pas aller dans les lieux classiques et aujourd’hui bien défigurés. Passerons sans doute à Palma et à Hierro, deux îles les plus à l’ouest. 

Jacques a pu affiner tout plein de petits réglages secrets et expérimenter les sms par le téléphone satellite iridium. 

Coucher de soleil très pur, beauté toujours renouvelée, unique chaque jour! Quel cadeau! 

Tandis que à l’autre bout du ciel, la mer accouche d’une lune pleine, disque orange parfait.